Planter quelque chose (même quand on n'y connaît rien)

Crédit photo : Hilja

Faire pousser quelque chose ne nécessite ni jardin, ni expérience, ni même beaucoup de temps. Un pot, un peu de terre, un rebord de fenêtre ou un coin de balcon suffisent. Ce n'est pas du jardinage au sens où les magazines l'entendent, avec ses plannings de semis et ses rotations de cultures. C'est plus modeste et plus immédiat que ça : poser une graine ou un plant quelque part, l'arroser, et regarder ce qui se passe.

Mai est le mois idéal pour commencer. Les Saints de Glace (les 11, 12 et 13 mai) marquent traditionnellement la fin du risque de gel tardif dans la quasi-totalité de la France métropolitaine. Passé cette date, les températures sont stables, la lumière abondante. Les conditions sont réunies pour que même un débutant complet obtienne un résultat.

Quatre choses qui poussent facilement en pot

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La menthe

C'est probablement une des plantes les plus faciles à faire pousser. On achète un plant en jardinerie ou au marché, un peu de terreau, un pot et ensuite, on pense simplement à arroser régulièrement. La menthe pousse vite et se propage tout aussi vite. C'est d'ailleurs pour ça qu'il vaut mieux la garder en pot. En pleine terre, elle envahit tout. Elle supporte facilement un oubli d'arrosage occasionnel et repousse après la coupe. En quelques semaines, on a assez de feuilles pour parfumer un taboulé, une eau fraîche ou un thé.

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Les radis

Ils poussent vite. Parfois en tout juste trois semaines pour les variétés rondes comme Cherry Belle ou Rond écarlate. Ils ont besoin d'un pot d'au moins 15 centimètres de profondeur et de terreau. On sème les graines en surface et on les recouvre légèrement avec le terreau. On arrose régulièrement pour que la terre reste humide sans être détrempée. C'est l'une des cultures les plus gratifiantes pour un débutant : le résultat est rapide et visible.

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Le basilic

C'est là qu'il faut être honnête : le basilic vendu en pot dans les supermarchés est presque toujours condamné à mourir en une semaine. Ce n'est certainement pas un échec personnel, ces plants sont cultivés en serre, dans un substrat minimal, avec un éclairage et une température contrôlés. Ils ne sont pas conçus pour durer. Pour avoir du basilic qui tient, deux options : semer des graines directement en pot (elles germent en quelques jours à partir de mi-mai) ou acheter un plant en jardinerie, cultivé dans des conditions plus adaptées à la vie en extérieur. Le basilic aime la chaleur, le soleil direct et un arrosage régulier. Il craint le froid et le vent.

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Les tomates cerises

Un peu plus exigeantes que le reste, mais parfaitement cultivables en pot. Il faut un contenant d'au moins 30 centimètres de profondeur, de préférence en terre cuite ou de couleur claire (un pot sombre chauffe excessivement en plein été et stresse les racines), un tuteur, une exposition ensoleillée (au moins six heures de soleil direct par jour) et un arrosage quotidien en été. Un plant acheté en jardinerie début mai donnera ses premiers fruits en juillet.

Ce qui peut rater, et pourquoi

L'arrosage

C'est la première cause d'échec, dans les deux sens. Trop peu : la plante sèche. Trop : les racines pourrissent. Pour un pot en extérieur, arroser le matin quand la surface de la terre est sèche au toucher est un repère simple. Par forte chaleur, un deuxième arrosage en fin de journée peut être nécessaire pour les tomates.

L'exposition

La plupart des plantes comestibles ont besoin de soleil direct, et pas simplement de lumière. Un rebord de fenêtre orienté au nord ne donnera pas grand-chose. L'est ou le sud-est sont les meilleures expositions pour un balcon. L'ouest peut convenir si l'ensoleillement de l'après-midi est suffisant.

Le substrat

Il compte aussi. Le terreau universel vendu en jardinerie convient pour la plupart des cultures en pot. Le terreau « spécial semis » est recommandé pour les graines. La terre de jardin directement mise en pot est trop compacte et draine mal, ce qui risque d'asphyxier les racines.

Ce que cet article ne propose pas

Il ne propose pas de « retour à la terre », de « reconnexion à la nature », ni de jardinage comme pratique thérapeutique. Il n'y a rien de transcendant à faire pousser des radis. Mais c'est un plaisir utile et concret. Une raison bien suffisante pour essayer.