Passage à l'heure d'hiver : la lumière change de côté

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Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, les horloges reculent d’une heure. À trois heures du matin, il sera de nouveau deux heures, et la nuit gagnera soixante minutes.

On parle volontiers de l’heure d’hiver comme d’une perte. Le sommeil, pourtant, y gagne, et la lumière ne fait que se déplacer. Elle quitte le soir, qui s’assombrit d’un coup, pour revenir au matin, quand l’organisme s'en sert le plus.

Une heure rendue au sommeil

Du côté du sommeil, il n'est pas nécessaire de se préparer au changement à travers une phase de transition comme on le fait parfois au printemps. Reculer l’horloge offre une nuit plus longue, et la fatigue de la bascule s’en trouve amortie.

Garder des horaires de lever et de coucher réguliers les jours qui suivent le changement d'heure donne à l’horloge interne un point fixe.

La lumière passe du soir au matin

Le vrai bouleversement d'octobre tient à la lumière du soir. À partir du changement d'heure, la nuit tombe brutalement plus tôt et, pour beaucoup, c'est souvent cette bascule qui pèse.

Un jour, le soleil se couche autour de dix-neuf heures, le lendemain, vers dix-huit heures. Les retours du travail ou de l’école, qui se faisaient encore au crépuscule, se font désormais dans le noir.

Pourtant, reculer les montres ne fait pas que retirer de la lumière au soir. Cela en redonne au matin. Le jour se lève désormais une heure plus tôt, et ils retrouvent une clarté qu'ils avaient perdue en fin d'été.

Une heure plus proche du soleil

Le nom même d’heure d’hiver entretient un malentendu. Il désigne en réalité l’heure normale du pays, en vigueur depuis l’après-guerre, à laquelle l’heure d’été, réintroduite en 1976, vient s’ajouter chaque printemps. Or cette heure normale est déjà en avance d’environ une heure sur le soleil, et l’heure d’été porte l’écart à deux heures.

Le changement d’heure d’octobre ne retire donc rien au jour. Il ramène les horloges d’une heure plus près du soleil. C’est d’ailleurs cette heure-là que l’Institut national du sommeil et de la vigilance proposait en 2019 d’adopter définitivement, comme celle qui accorde le mieux nos horaires à ceux du soleil.

Le matin, la lumière remet l’horloge à l’heure

Ce déplacement tombe bien. Laissée à elle-même, l’horloge interne suit un cycle compris entre vingt-trois heures et demie et vingt-quatre heures et demie selon les personnes. Chaque jour, elle a besoin d'un signal extérieur pour s’ajuster, et le plus puissant d’entre eux est la lumière. Lorsque celle-ci est présente le matin, elle aide l’horloge à se caler sur la journée. Lorsqu'elle arrive le soir, elle tend au contraire à la retarder. En rendant de la clarté aux premières heures, l’heure d’hiver la place là où elle agit le plus utilement.

Profiter de cette lumière ne demande pas de bouleverser ses matinées. Ouvrir volets et rideaux dès le lever, même s’il fait encore sombre, prendre son petit-déjeuner dans la pièce la plus claire, faire à pied une partie du trajet ou sortir un moment avant midi permettent de la capter sans rien ajouter à la journée. L’Institut national du sommeil et de la vigilance estime qu’un sommeil de qualité suppose une exposition quotidienne à la lumière du jour de plus d’une heure, un repère que les journées d’hiver rendent difficile à tenir.

Des fins d’après-midi qui se resserrent

La fin d’après-midi change aussi de nature. À Paris, le soleil se couche désormais avant dix-huit heures et, à l'heure qui précède, beaucoup sont encore à l’intérieur. Quand cela est possible, sortir à ce moment-là, ou simplement s’installer près d’une fenêtre, permet de profiter de la clarté qui reste avant l'arrivée de la nuit.

La fin de l'automne et l'hiver peuvent s’accompagner d’une baisse d’énergie ou de moral, ce que l’on appelle parfois « le blues de l’hiver ». C'est un état désagréable mais heureusement sans gravité et, pour la plupart des gens, cette lassitude reste diffuse et passagère.

Pour une minorité, elle prend une forme plus marquée, qui relève du trouble affectif saisonnier reconnu sur le plan médical. Ce trouble se manifeste sous la forme d'une dépression liée au manque de lumière qui revient chaque année à l’automne et se dissipe au printemps. Lorsqu’une fatigue ou une tristesse s’installe et s’aggrave au fil des semaines, un médecin est le bon interlocuteur pour faire la part des choses.

Le soir, la lumière vive prolonge le jour

Le réflexe, quand la nuit tombe tôt, est de repousser l’obscurité à grand renfort d’éclairages vifs. C'est oublier que le corps lit la lumière comme une indication de l’heure, et une lampe blanche et puissante allumée à vingt et une heures lui signale qu’il fait encore jour.

L’Anses a montré qu’une lumière riche en bleu reçue le soir, même faible, perturbe les rythmes biologiques et le sommeil en freinant la production de mélatonine, l’hormone qui prépare à l’endormissement. Les écrans en sont une source importante, et l’agence recommande d’en limiter l’usage avant le coucher.

À la maison, l’agence conseille un éclairage blanc chaud, et quelques lampes de basse intensité rendent le passage du jour à la nuit moins abrupt qu’un plafonnier froid.

Un répit de quelques semaines

Le sommeil retrouve vite son équilibre, en quelques jours le plus souvent, puisque le corps gagne du repos au lieu d'en perdre. Le bénéfice de la lumière matinale, lui, s'étiole au fil de la saison. Dès la mi-novembre, le soleil se lèvera de nouveau après huit heures, tandis qu’il continuera de se coucher plus tôt jusqu’à la mi-décembre.

L’hiver resserre la lumière des deux côtés à la fois puis, la rend, d'abord aux soirs, quand les journées reprennent de la longueur.


Sources